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Divination par le coq. L'Alectryomancie ou Alectromancie est un art divinatoire qui eu son heure de gloire au Moyen Age, il consiste à faire appel à la capacité intuitive et divinatoire du coq. Ce moyen de divination était souvent pratiqué afin de connaître le nom d'un héritier, d'un assassin ou bien encore d'un voleur. Cette pratique d'origine Grecque consiste à tracer un cercle sur de la terre noire en faisant en sorte qu'il contienne autant de cases que de lettres de l'alphabet et à déposer un grain de froment dans chacune de ces cases. Il suffit ensuite de placer le coq blanc au centre du cercle. Le coq picore les grains dans un certain ordre, il ne reste plus qu'à relever les lettres ainsi désignées pour découvrir le nom révélé par le coq. D'après ce que l'on dit, des devins, parmi lesquels on cite Jamblique, voulant connaître le successeur de l'empereur Valens, employèrent l'Alectryomancie ; le coq tira les lettres Théod... Valens, fit tuer tous les hommes considérables dont le nom commençait Théod. Mais, malgré ses efforts, son successeur fut Théodose le Grand. Nous retrouvons aussi un texte de M. de Junquières ( 4° chant de Caquet-Bonbec, la Poule à ma tante ) où il donne des détails exacts et curieux sur les opérations des Alectryomanciens : Leur coutume est, en rendant leur oracles, De se servir de coqs, et c'est, dit-on, De là qu'en grec est dérivé leur nom. D'abord ces coqs doivent être coqs vierges ; Puis dans un coin, au milieu de trois cierges, Est élevé, sur des pieds en sautoir, Comme un autel rond, plat, de marbre noir, Au bord duquel, dans deux circonférences, Sont vidés, à d'égales distances, Vingt-quatre creux ayant chacun devant De l'alphabet une lettre d'argent. Quand au sorcier arrive une pratique, Il prend d'abord sa baguette magique, Roule les yeux, et trace sans compas Un cercle en l'air, prononce à demi bas Cinq ou six mots inconnus et qu'il forge. Dans chaque case il dépose un grain d'orge, Choisit son coq à jeûn, le met debout Sur cet autel, bien au centre surtout. Du centre aux grains, dont l'odeur l'électrise, Le coq bientôt s'avance (quoi qu'en dise Jean Buridan), en croque deux ou trois, Ou plus, ou moins. De ceux dont il fait choix Le sorcier suit les lettres sans rien dire, Et puis, feignant que quelque dieu l'inspire, D'après cela débite hardiment Une réponse. On paie honnêtement Et l'on s'en va très-instruit. Dans la suite, S'il s'est trouvé menteur, il en est quitte Pour dire aux gens qu'ils ne l'ont pas compris. Notre devin, grand, sec, à cheveux gris, Avait l'honneur, disait-on, de descendre, Du côté gauche, il est vrai, de Cassandre. Calembredain était son nom. Le sort Semblait toujours être avec lui d'accord. Il ne s'était, assure la chronique, Jamais trompé, hors une fois unique, Qu'un jeune gars, croyant beaucoup valoir, Vint tout exprès le trouver pour savoir Quel rang, un jour, il aurait dans le monde. Le coq, posé lors sur la table ronde, Prit sans choisir, quatre grains qu'il croqua, Dont le devin les lettres remarqua. Elles formaient le mot frip, mot barbare Et propre à faire enrager un ignare. Le grand docteur, maître Calembredain, D'après ce mot, au jeune homme soudain Dit qu'il serait fripier ; mais notre drôle, Se sentant né pour faire un autre rôle, Et d'un métier si vil ayant horreur, Prit une étude et se fit procureur. Donc, pour n'avoir trouvé frip analogue Qu'au mot fripier, cet habile astrologue Pour cette fois prit à gauche. En tout cas, Quel est celui qui ne se trompe pas ?